Autres pays africains

ANGOLA

Le président angolais José Eduardo Dos Santos est arrivé au pouvoir en septembre 1979, à la mort de son prédécesseur. Il est élu pour la première fois en 1992. Sur 40 années d’indépendance, il a dirigé le pays 35 ans. Ce pays de 24 millions d’habitants a connu une guerre civile de 26 ans, opposant l’UNITA, le principal parti d’opposition, au MPLA du chef de l’État. Les revenus de la rente pétrolière permettent à Luanda d’investir, mais une grande partie de la population vit encore dans un état de pauvreté et d’insécurité chroniques. La corruption fait système. Les libertés fondamentales sont régulièrement bafouées. En 2010, une nouvelle Constitution a été adoptée. Les élections présidentielles ont été supprimées : le président, dont le nombre de mandats est limité depuis peu et de manière non-rétroactive (il peut donc se représenter), est depuis lors le chef du parti victorieux aux législatives. Il conserve la mainmise sur les pouvoirs militaire et législatif.

 

BURKINA FASO

Blaise Compaoré est resté au pouvoir 27 ans, arrivé en 1987 à la tête de l’État, suite à un coup d’État contre l’anti-impérialiste Thomas Sankara, auquel s’identifie aujourd’hui la jeunesse burkinabé. Compaoré a été chassé du pouvoir le 31 octobre 2014 sous la pression populaire, pour avoir tenté de modifier l’article 37 de la constitution à des fins personnelles. Cet article, limitant le nombre de mandats présidentiel à deux, avait déjà été supprimé en 1997 puis remis en place en 2000, après un soulèvement de la population lié à l’assassinat du journaliste Norbert Zongo. La mobilisation populaire menée par le Balai Citoyen a inspiré de nombreux mouvements citoyens à travers tout le continent.

L’armée a alors pris le pouvoir, s’engageant à le rendre au civil à l’issu de la transition. Les membres du gouvernement de transition ne pourront pas faire partie du prochain gouvernement. Ainsi, Michel Kafando, longtemps ambassadeur auprès de l’ONU, a assuré  la transition, en tant que président de la République et chargé des Affaires Étrangères. Le lieutenant-colonel Issac Zida cumule le poste de Premier ministre avec celui de ministre de la Défense.

Après cette transition, une élection présidentielle libre et transparente a porté au pouvoir Roch-Marc Christian Kaboré, dès le premier tour, en décembre 2015. Bien qu’ancien Premier ministre de Blaise Compaoré, il a su apparaître comme le candidat du changement dans un pays en crise depuis plus d’un an.

La population se mobilise

La forte mobilisation du mois d’octobre 2014 témoigne d’un certain dynamisme de la société civile (au sens le plus large) dans la vie politique du pays. L’Église a tenté un certain nombre de médiations entre le parti au pouvoir et l’opposition. Le travail du Balai Citoyen a été déterminant. S’inspirant du mouvement sénégalais Y en a marre, qui a réussi en 2012 à s’opposer à un nouveau mandat d’Abdoulaye Wade, ce mouvement non-violent a été fondé par deux rappeurs, Smockey et Sams’k le Jah, durant l’été 2013. Blaise Compaoré était déjà soupçonné de vouloir modifier la Constitution pour se représenter à l’élection présidentielle : le Balai Citoyen se mobilisait alors contre la tenue d’un referendum pour décider de la modification de la Constitution. L’organisation de concerts-meeting a permis de remplir des stades, contrairement au parti au pouvoir.

Le Balai Citoyen ne cherche pas à accéder au pouvoir, mais à sensibiliser la société pour l’impliquer dans la prise de décision politique. L’obtention de la démission de Blaise Compaoré a été leur première victoire, mais la mobilisation reste forte, afin de veiller au bon déroulement de la transition engagée depuis novembre dernier.

Le soulèvement de masse d’octobre 2014 inspire le reste du continent, du Togo au Gabon, en passant par le Congo et la République Démocratique du Congo. Retrouvez l’interview de Smockey, porte-parole du Balai Citoyen en cliquant ici.

DJIBOUTI  

TOGO 

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