Burundi

Contexte

1er juillet 1962 : Proclamation de l’indépendance du Burundi

1972 : Massacres inter-ethniques (environ 100 000 morts)

3 septembre 1987 : Coup d’Etat militaire de Pierre Buyoya

1992 : Nouvelle constitution promulguée par Pierre Buyoya

1993 : Élections présidentielles et législatives. Melchior Ndadaye, élu nouveau président prête serment. Il est ensuite assassiné. La guerre civile débute le 21 octobre 1993.

1996 : Nouveau coup d’Etat de Pierre Buyoya (le 26 juillet 1996). Mise en place de la politique de regroupement consistant à mettre près de 1.4 millions de Bahutu Barundi dans des Camps de Concentration (centaines de milliers de victimes)

28 août 2000 : Signature à Arusha, en Tanzanie, sous l’égide de Nelson Mandela, d’un accord de paix dit « Accords d’Arusha »

2001 : Une assemblée nationale de transition est nommée et son président est Jean Minani (président du Frodebu) le 10 janvier 2001. Le  1er novembre 2001, en attentant des élections législatives et municipales pour 2003 et présidentielles pour 2004, débute une période de transition de 3 ans avec pour les 18 premiers mois, le major Buyoya à la présidence et Domitien Ndayizeye du Frodebu au poste de vice-président avant que les rôles ne soient échangés.

2003 : les forces hutu des CNDD-FDD en coalition avec le PALIPEHUTU-FNL (Parti pour la libération du peuple hutu-Forces de libération nationale) attaquent Bujumbura le 07 juillet 2003. Un accord de paix (protocole de Pretoria) est signé le 15 novembre 2003 entre le président Ndayizeye et Pierre Nkurunziza, chef des CNDD-FDD qui rentrent au gouvernement, au sein duquel elle détient quatre ministères et dispose également de postes de haut rang dans les autres institutions, conformément à l’accord d’Arusha.

Depuis 2005 : la présidence de Pierre Nkurunziza

Pierre Nkurunziza est au pouvoir depuis 2005 (deux mandats) et est fortement soupçonné de vouloir s’y maintenir selon une interprétation particulière de la Constitution. La limitation (article 96) est associée à un accord de paix. La prochaine élection doit avoir lieu en juin 2015.

A Bujumbura, tous les moyens semblent bons pour mettre la société civile au pas. En mai 2014, Pierre Claver Mbonimpa, président de l’Association pour la protection des droits humains et des personnes détenues (APRODH), était arrêté et placé en détention. Il s’apprêtait à rendre publiques des informations faisant état de l’entraînement en RDC de jeunes militants du parti présidentiel (les Imbonerakure, « ceux qui voient loin », auteurs de nombreuses violences en période électorale). Malgré un état de santé dégradé et les protestations vigoureuses de la communauté internationale, Pierre Calver Mbonimpa restera près de 5 mois en détention. En janvier, c’est le directeur de la radio Publique Africaine, Bob Rugurika, qui est arrêté pour avoir diffusé des reportages sur l’assassinat de trois religieuses italiennes en 2014. Les regards se tournent vers des cercles sécuritaires proches du pouvoir burundais. Inculpé sans preuve de complicité d’assassinat, violation du secret de l’instruction, recel d’un criminel et manquement à la solidarité publique, il est placé à l’isolement dans une prison de province – avant d’être libéré le 18 février. Sa sortie de prison a été marquée, dès le lendemain, par une véritable marée humaine. Des milliers de Burundais, venus de partout, ont bravé l’interdiction de manifester faite la veille par le régime, auquel ils envoyaient ainsi un signe clair de « ras-le-bol » (selon l’expression de Pacifi que Nininahazwe, président du Focode). Prenant peur, le parti au pouvoir s’est vu obligé de réunir précipitamment tous ses cadres pour témoigner leur soutien à Pierre Nkurunziza… Après l’adoption, dès 2013, d’une loi jugée liberticide, le pouvoir burundais (largement décrédibilisé) semble vouloir resserrer encore l’étau sur les médias et les militants des droits de l’Homme à l’approche des élections.

Les élections présidentielles ont eu lieu en juillet 2015 alors que la constitution empêchait le président Pierre Nkurunziza de se briguer un troisième mandat. La validation de la candidature du président sortant a été émaillée de menaces contre les membres de la Cour constitutionnelle et même, nous l’avons appris depuis, des rétributions en nature pour les juges fidèles (scandale Heineken). Les manifestations tantôt interdites tantôt réprimées et la tentative de coup d’Etat de mai 2015 ont instauré un climat délétère dans le pays et une véritable paranoïa au sein du clan présidentiel. La période avril-juillet 2015 a engendré une explosion de la violence armée et la fuite de nombreux burundais vers les pays voisins. L’usage partisan des institutions d’Etat, les exactions d’une jeunesse embrigadée dans des milices (les Imbonerakure) et la volonté d’une partie de l’opposition partisane de prendre sa revanche après les défaites de 2010 et 2016 construisent un environnement des plus critiques. La communauté internationale a réagi après-coup en mettant en place : une commission d’enquête de l’ONU sur les crimes commis ; l’ouverture d’une enquête auprès de la CPI en avril 2016 et le gel de la coopération européenne avec le Burundi.

En amont de la tentative de modification de la constitution par Pierre Nkurunziza, la campagne Tournons la page, coordonnée par le collectif Halte au Troisième mandat a tenté de faire entendre sa voix pour l’alternance démocratique. Ses membres se trouvent aujourd’hui en exil.

 

Les Communiqués de presse de Tournons la page sur le Burundi

 

L’interview de Janvier Bigirimana, coordinateur de Tournons la page Burundi : Un collectif d’avocats pour la defense des victimes des crimes de droit international au Burundi 

 

Contacts :

Collectif Halte au Troisième Mandat

Janvier Bigirimana  : janvierbig@gmail.com

Dieudonné Bashirahishize : bashiradido2015@gmail.com

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