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Togo : le mouvement Tournons la Page dénonce un coup de force électoral

Posté le  03/03/20 à 12:09  - Mis à jour le 09/03/20 à 08:21 /  Par   tournonslapage  

Alors que la Communauté Economique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), l’Union Africaine (UA) et l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) ont validé les missions d’observation et les résultats de l’élection présidentielle du 22 février dernier proclamés par la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI), le mouvement Tournons la Page conteste cette validation et condamne les irrégularités qui ont marqué ce scrutin.

Pendant la période préélectorale, plusieurs dysfonctionnements ont été observés :

  • La composition de la Cour Constitutionnelle n’a pas été conforme à ce que prévoit la Constitution togolaise. Elle était composée de seulement quatre membres alors que la Constitution prévoit neuf membres.
  • Les nouvelles dispositions du code électoral permettant le vote de la diaspora ont été adoptées seulement trois semaines avant la date de l’enrôlement. Par ailleurs, de nombreux Togolais à l’étranger n’ont pas pu s’inscrire sur les listes électorales ouvertes dans les ambassades, compte tenu des exigences du communiqué du Ministre des Affaires étrangères publié et relayé par les ambassades trois jours seulement avant la date de l’inscription sur les listes électorales.
  • La subvention de l’Etat aux partis politiques, définie par la loi au titre du financement de la campagne électorale, n’a pas été débloquée, favorisant le Président sortant qui a pu mener campagne grâce aux moyens de l’Etat.
  • L’accréditation des organisations de la société civile pour mener des missions d’observation électorales a été refusée. La seule accordée a été retirée trois jours avant le scrutin.
  • L’accès aux médias d’Etat n’a pas été équitable et l’accès à certaines localités ou places publiques, où devaient se tenir les meetings de certains candidats, a été interdit.
  • Enfin, les demandes d’accès au fichier électoral formulées par les partis politiques des candidats sont restées sans suite, en violation de l’article 60 du code électoral, qui donne droit d’accès au fichier électoral aux partis politiques légalement constitués.

Lors du déroulement du vote, d’autres violations ont altéré la transparence et le caractère équitable de cette élection : 

  • L’achat de votes moyennant distribution de vivres, de sommes d’argent et de prêts attribués au titre du dispositif national de lutte contre la pauvreté (FNFI), contre signature de procuration et remise de la carte d’électeur en garantie ;
  • Des bourrages d’urnes et le gonflement du nombre d’électeurs inscrits par bureau de vote à travers le recours aux listes complémentaires dites « d’omis » et au vote, à la fermeture des bureaux, des inscrits qui n’avaient pas pris part au scrutin ;
  • Des bureaux de vote fictifs localisés dans des résidences privées ;
  • La mobilisation de chefs traditionnels, élus et cadres de la mouvance présidentielle dans la mise en œuvre de la fraude ;
  • Des coupures ciblées d’Internet et des réseaux sociaux pendant la tenue du scrutin et les jours qui ont suivi l’élection, entravant la transmission des copies des procès-verbaux par les délégués des candidats de l’opposition ;
  • Le refus de délivrance de certaines copies des procès-verbaux ;
  • L’expulsion de certains délégués des candidats de l’opposition des bureaux de vote parfois victimes de violences physiques, laissant libre cours aux dépouillements d’urnes à huis clos ;
  • Des résultats reposant sur des taux de participation proches ou supérieurs à 100% dans certaines localités et préfectures.

Malgré l’ensemble de ces dysfonctionnements électoraux, la CENI a proclamé M. Faure Essozimna GNASSINGBE, président sortant, vainqueur avec un score de 72,36%.  

Tournons la Page-Togo condamne cette distorsion du choix des Togolais et rejette cette élection qui ne respecte ni la constitution, ni les standards internationaux.

Pour éviter l’escalade et restaurer la confiance entre les parties prenantes au processus électoral, Tournons la Page-Togo exige :

  •  La publication des procès-verbaux, bureau de vote par bureau de vote ;
  •  La reprise, dans la transparence, du décompte des voix.

Tournons la Page-Togo appelle en outre à la responsabilité de l’UA, de la CEDEAO et de l’OIF, qui par leur complaisance, pourraient plonger le Togo dans une crise post-électorale émaillée de violences et fragiliser davantage les textes régionaux et internationaux qui encadrent l’exercice du vote en Afrique. 

Enfin, la coalition Tournons la Page-Togo condamne les autorités togolaises pour l’usage disproportionné de la force dans la répression des manifestations de rue au lendemain de la tenue du scrutin.

 

Contact Presse :

Brigitte AMEGANVI

Tournons la Page Togo

ba_ameganvi@synergietogo.com

Tel : +33614883121

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