Gabon : Tournons la page, la CGT et la CFDT apportent leur soutien à la CONASYSED et aux enseignants grévistes

            

Communiqué de presse

Le 24 mars 2017,

Le 18 mars 2017, le gouvernement gabonais a suspendu la Convention Nationale des Syndicats du Secteur Education (CONASYSED) dans le but de faire taire la contestation des enseignants en grève illimitée depuis octobre 2016. Cette grève se justifie d’abord par un manque criant d’infrastructures et de mobilier et une rémunération très basse des professeurs. Mais, elle est également à mettre en lien avec la colère née de l’élection frauduleuse d’août 2016 et de la gabegie économique du gouvernement, illustrée par l’organisation coûteuse de la dernière Coupe d’Afrique des Nations de football. La campagne « Tournons la page », la CGT et la CFDT apportent tout leur soutien aux enseignants en grève dont les droits d’association et de manifestation sont bafoués.

Depuis le 31 août dernier et l’annonce des résultats de l’élection présidentielle, l’ensemble des organisations de la société civile fait face à une forte répression. Les syndicats de l’éducation en sont les plus récentes victimes. Depuis près de quatre mois, les enseignants réclament des primes, des nouvelles salles de classe et du mobilier. Les élèves se sont joints au mouvement du personnel enseignant pour réclamer le paiement des bourses. Les parents d’élèves qui redoutent une année blanche et dénoncent le manque de considération du gouvernement soutiennent également les grévistes.

Face à cette situation, le gouvernement a adopté la seule méthode qu’il semble maitriser : la force. Il a d’abord balayé d’une phrase les demandes formulées par les grévistes par la voix de son porte-parole, Alain-Claude BILIE BY NZE : « L’Etat n’a pas assez d’argent ». Face à la détermination des enseignants, fin février, le pouvoir a suspendu les salaires de 807 enseignants grévistes. Certains professeurs font même l’objet d’une radiation de la fonction publique. Accusés de manipuler les élèves et les parents dans la rue, les syndicats ont tenu bon, notamment grâce au soutien financier de la population. Les élèves qui ont reçu des tirs de bombes lacrymogènes de la police lors de leurs marches pacifiques persistent également dans leur combat afin de bénéficier d’une éducation digne.

La suspension de la CONASYSED symbolise une nouvelle fuite en avant autoritaire du régime d’Ali BONGO ONDIMBA. Cette mesure contrevient à l’article 1er alinéa 13 de la constitution gabonaise : « Le droit de former des associations, des partis ou formations politiques, des syndicats, des sociétés, des établissements d’intérêt social ainsi que des communautés religieuses, est garanti à tous dans les conditions fixées par la loi ». Elle est aussi illégale au regard du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, ratifié par le Gabon en 1983 et de la convention 87 de l’Organisation Internationale du Travail.

Au regard de la situation, nous demandons au gouvernement gabonais : 

  • De revenir sur la suspension de la CONASYSED ;
  • De cesser la criminalisation des mouvements sociaux et citoyens.

A la communauté internationale et particulièrement à l’Union Européenne et à ses Etats-membres qui étudient actuellement la mise en place de sanctions ciblées à l’encontre des responsables de la répression post-électorale d’août 2016 :

  • De faire pression sur le gouvernement gabonais afin qu’il annule la suspension de la CONASYSED ;
  • D’exiger du pouvoir gabonais le respect des droits fondamentaux et des conventions internationales qui protège la CONASYSED, les syndicats et la population dans son ensemble. 

 

Contacts presse :

Marc ONA ESSANGUI, Coordinateur de la coalition Tournons la Page Gabon, Secrétaire Exécutif de Brainforest, Membre du Conseil d’Administration du REDDHAC. 

Mail : marc.ona@brainforest-gabon.org Tél : +241 072 941 40

Laurent DUARTE, coordinateur et porte-parole de la campagne Tournons la page : E-mail : afrique.democratie@secours-catholique.org   Tél : +331 49 45 70 97 / +336 50 39 17 83

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