Gabon

Marc Ona Essangui, coordinateur de la coalition Tournons la Page Gabon, témoigne de l’état de la démocratie dans son pays :

Il n’y a guère que 12% des Gabonais qui aient connu Léon Mba à la tête de l’État. A sa mort en 1967, c’est la Constitution – opportunément révisée sous l’insistance de Jacques Foccart, le Monsieur Afrique du général De Gaulle, qui consacre à la présidence Albert-Bernard (devenu Omar) Bongo. La dynastie Bongo ne lâchera plus les rênes du pays. Élu six fois, dont trois sous un régime de parti unique, Omar Bongo a supprimé la limitation du nombre de mandats présidentiels en 2003. Dans ce pays faiblement peuplé, il a fait de la corruption, parfois de la répression (par ex. lors des révoltes universitaires en 1991), le moyen de pérenniser son pouvoir et le soutien des responsables politiques et économiques français (cf. affaire Elf, soupçons de fi nancement la vie politique française jusqu’à encore récemment…).

Pour la France, le Gabon reste un enjeu important au plan militaire (avec la présence d’une base permanente de l’armée française) et économique (pétrole, uranium, manganèse, bois…). Ali Bongo succède à son père après son décès en 2009, au prix d’une élection frauduleuse. La répression de la contestation fit plusieurs victimes à Port-Gentil, capitale économique du Gabon.

 

Contexte suite aux élections présidentielles de 2016

Les Gabonaises et les Gabonais se sont déplacés le 27 août dernier pour élire leur président de la République.
Sur les 9 provinces (régions) que compte le Gabon, Jean PING, candidat de l’opposition unie,  a remporté l’élection dans 7 d’entre elles. Et parmi ces 7 provinces, il y a les 3 qui ont les plus fortes populations, Estuaire, Ogooué-Maritime et Woleu-Ntem. Avec les résultats de 8 provinces sur 9, Jean PING avait une avance de 60.000 sur Ali Bongo Ondimba.

Pour proclamer vainqueur Ali Bongo Ondimba, le Ministre de l’intérieur à artificiellement gonflé la population de la province du Haut-Ogooué qui est passée de 53.000 à 250.000 habitants. Le corps électoral de cette région, considérée comme un fief présidentiel, a été porté à 77.000 électeurs. 95% de ces électeurs sont allés voter et ils à 99,96% voté Ali Bongo Ondimba, lui permettant ainsi de rattraper et de dépasser les 60.000 voix d’avance Jean PING. La victoire d’Ali Bongo a été visiblement frauduleuse.

Face à la contestation populaire le pouvoir en place a déployé la force :  répression des manifestations ; attaque à l’arme lourde du quartier général de campagne de Jean Ping, le 31 août ; arrestations arbitraires d’opposants ou membres de la société civile.

La Mission d’Observation des élections de l’UE, invitée par le Gouvernement de M. Bongo Ondimba a relevé dans sa déclaration préliminaire, puis dans son rapport final divulgué en décembre 2016,  des anomalies évidentes. Cette mission d’observation, composée de Parlementaires européens à fait l’objet d’une mise sur écoute par les services secrets gabonais et d’intimidations. Un régime de sanctions contre les dignitaires responsables du coup d’Etat électoral et de violations des droits humains est actuellement à l’étude au Parlement Européen.

La Cour Constitutionnelle, appelée « Tour de pise » car elle penche toujours du même côté, a été saisi à la demande l’opposition et de la communauté internationale. Elle a rendu un verdict favorable au pouvoir en place, la nuit du 23 septembre 2016.

La contestation de la société civile, et parmi elle la coalition Tournons la page, se porte désormais sur un boycott de la Coupe d’Afrique des Nations de Football qui va se dérouler en janvier et février 2017 dans les 4 grandes villes du pays. L’organisation d’un événement sportif international ne saurait cacher la récession économique et le marasme politique qui frappent le Gabon depuis août 2016.

Communiqué de presse de Tournons la Page sur le Gabon:

Contact : Marc ONA ESSANGUI : ona_essangui@yahoo.com

Associations membres :

    Brainforest (Coordination)
    Ca suffit comme ça
    Les Indignés du Gabon
    Le Mbandja
    Syndicat des Cadres
    Réseau des Organisations Libres de la Société Civile pour la Bonne Gouvernance au Gabon (ROLBG)
    Union du Peuple Gabonais
    CLUB 90
    Réagir Gabon
    La voix du Mapane

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BALLAST | Marc Ona Essangui : "Des syndicats de prédateurs sont à la tête des gouvernements !"

Déc 22, 2016

[…] Je suis en lien avec d’autres acteurs des sociétés civiles africaines. Nous avons créé « Tournons la page » pour mettre fin aux dictatures en Afrique : c’est un mouvement […]

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