Qui est Nadjo Kaina Palmer ?

Agé de 27 ans, Nadjo Kaina Palmer est coordinateur de la coalition Tournons la Page au Tchad depuis son lancement le 25 mars 2017. Originaire du Sud du Tchad (régions du Tandjilé par son père et du Mayo-Kebbi par sa mère), Nadjo est né à N’Djaména où il a grandi dans le quartier Farcha situé dans le 1er arrondissement.

Après l’obtention de son baccalauréat, il est admis à un concours de l’armée de l’air en section pilotage premier niveau. Mais il est remplacé avant le commencement de cette formation par le fils du chef d’Etat-major adjoint de l’armée de l’époque, le général Ahmat Fadoul Mackaye. Il réussit un autre concours pour être officier dans l’armée. Mais, en 2010, le Président Déby Itno décide de suspendre les formations des officiers tchadiens.

Il passe 6 mois à l’Université d’Abéché où il suit les cours sans être autorisé à passer les examens pour cause d’inscription tardive. Il décide alors de s’inscrire à l’Université de Moundou où il siège dans la chambre des délégués des étudiants comme rapporteur. D’abord membre de la section de Moundou de l’Union Nationale des Etudiants du Tchad (UNET), il est élu président de ce syndicat d’étudiants le 31 janvier 2014) jusqu’à son exclusion en octobre 2015 de l’université de Moundou où il était étudiant en licence d’informatique et télécommunications. Son activité militante dérangeait les autorités en place.

Début 2016, il devient coordinateur et porte-parole du mouvement de jeunes Iyina (« On est fatigués »).

Nadjo a été arrêté et détenu arbitrairement à 3 reprises par l’Agence Nationale de Sécurité (ANS) tchadienne.

Du 15 août au 4 septembre 2015, pour avoir planifié des manifestations pacifiques visant à réclamer des bourses et de meilleures conditions de travail pour les 60 000 étudiants répartis dans 8 universités et 10 instituts universitaires.

Du 22 mars au 14 avril 2016, pour avoir programmé deux manifestations pacifiques visant à dénoncer le fait que le Président Idriss Déby se porte candidat à un cinquième mandat présidentiel. Avec ses  codétenus des autres plateformes de la société civile « Ca suffit » et de « Trop c’est trop », Nadjo est accusé de « provocation à un attroupement non armé », de « trouble à l’ordre public » et « d’opposition à l’exercice de l’autorité légitime ». Tous les quatre sont condamnés à quatre mois de prison avec sursis assortis d’une interdiction « d’engager des activités subversives ».

Le 6 avril 2017, Nadjo est à nouveau arrêté dans les locaux de l’ANS où il se trouvait suite à une convocation du directeur au sujet d’une manifestation pacifique contre la corruption, l’impunité et l’humiliation prévue le 10 avril suivant et pour laquelle il avait appelé les manifestants à s’habiller en rouge ou à porter un foulard rouge sur la tête en signe de leur mécontentement. Le 12 avril, Dingamnayal Nely Versinis, président du collectif tchadien contre la vie chère est arrêté par des agents de l’ANS à l’hôtel de ville de N’Djaména où il se rendait à une convocation. Le 15 avril, c’est au tour de Bertrand Sollo, rapporteur national francophone d’Iyina, de se faire arrêter alors qu’il se rendait à un entretien avec des journalistes. Personne ne les a revus depuis leur arrestation.

 

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