Tchad : que cesse la répression à l’encontre des manifestants

8 février 2018,

Face à la fronde sociale qui secoue le pays, le gouvernement tchadien a opté pour la violence et la répression. L’opposition politique déplore déjà près de 600 arrestations après être descendue dans la rue. Dans le même temps, le Ministre de la sécurité publique a menacé de suspendre toutes les organisations qui s’opposeraient à la politique du gouvernement. Face à cette situation délétère, la campagne Tournons la page appelle la communauté internationale, l’Union européenne et en particulier la France à sortir de son mutisme et exige le respect immédiat du droit constitutionnel à manifester.

 

A cause de la chute des cours du pétrole et de la mauvaise gestion des finances publiques par le pouvoir en place, le Tchad se trouve aujourd’hui dans une situation économique délétère. Endetté et pressé de mener à bien une politique d’austérité par le FMI, le gouvernement – à l’instar de ses voisins d’Afrique centrale – a décidé de faire peser le coût des réformes sur les plus pauvres et sur les fonctionnaires. Ces derniers ont subi des coupes de 50 % de leurs indemnités. La hausse du prix du carburant et la mise en place brutale d’un impôt sur le revenu prélevé à la source fragilisent les familles.

 

Les syndicats, dont l’Union des Syndicats du Tchad (UST) membre de la campagne Tournons la page, ont appelé à la grève générale dans la fonction publique dès le 30 janvier. Les magistrats et les salariés du secteur privé se sont également joints au mouvement général. Les organisations de défense des droits humains, les associations étudiantes et les mouvements citoyens prévoient de descendre dans la rue, ce jeudi 8 février en lançant une série de manifestations appelées les « jeudis de la colère ».

 

Au pouvoir depuis 1990 et toujours fort du soutien des puissances internationales, conforté dans son rôle de gendarme de la région du Sahel avec la mise en place du G5 Sahel, le Président  Idriss DEBY ITNO a opté, comme à l’accoutumée, pour la méthode forte : arrestations massives, usage de la force létale pour disperser la foule, menaces de suspension des associations contestataires, etc.

 

La campagne Tournons la page condamne :

 

  • L’usage systématique de la violence d’Etat contre les manifestants et la traque des leaders de la société civile ;

 

Exige du gouvernement du Tchad :

 

  • Le respect des libertés d’expression, d’association et de manifestation, protégées autant par l’article 27 de la constitution ainsi que par les traités internationaux ratifiés par la République du Tchad;

 

  • La fin des poursuites, violences et menaces systématiques à l’encontre des membres de la société civile et des partis politiques d’opposition ;

 

  • La libération immédiate de tous les manifestants pacifiques et l’abandon des charges retenues à leur encontre.

 

  • L’annulation de l’arrêté de suspension à l’encontre des partis politiques d’opposition prise par le Ministre de l’Administration du Territoire, de la Sécurité Publique et de la Gouvernance Locale et qui menace les organisations de la société civile ;

 

Exige de l’Union européenne et ses Etats-membres :

 

  • Une condamnation unanime et forte de la répression en cours demandant le respect de l’Etat de droit et des libertés fondamentales au Tchad ;
  • La suspension ou la restriction de l’aide financière sans pénaliser les populations ;
  • La suspension de la coopération militaire et policière avec les forces de l’ordre ou l’armée du Tchad et notamment celle de la France, fortement engagée dans le pays.

 

Exige de l’Union Africaine et de la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples :

 

  • La mise en place d’une mission d’établissement des faits sur le terrain afin que les coupables des exactions et des violations des libertés fondamentales soient poursuivis.

 

 

 

Contacts presse :

 

Jacques NGARASSAL

Coordinateur de Tournons la page Tchad

Tél : +235 66 28 40 14

 

 

Laurent DUARTE

Coordinateur de la campagne Tournons la page

afrique.democratie@secours-catholique.org

Tél : +33 6.38.83.13.31 / + 331.45.49.70.97

 

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