Togo : La communauté internationale doit appeler à la fin de la violente répression à l’encontre des manifestants pacifiques et au respect du droit à manifester.

Le 21 août 2017,

Dans plusieurs villes du Togo et dans différentes capitales à l’étranger, des manifestations pacifiques pour réclamer le retour à la constitution de 1992 ont été organisées à l’appel du Parti national panafricain (PNP). La mobilisation massive des Togolais n’a eu d’équivalent que la répression féroce de la part des forces de l’ordre. Si cette manifestation relève d’une décision partisane, son ampleur illustre le désarroi d’un pays otage d’une même famille depuis plus de 50 ans. Face à la violence d’Etat et à la frustration de la population togolaise, « Tournons la Page » exige une réponse ferme de la communauté internationale.

Le 19 août 2017, des manifestations ont eu lieu dans les grandes villes togolaises, à l’initiative du PNP autour du slogan « 50 ans, ça suffit ». La répression de ces marches pacifiques a fait au moins sept morts et a été l’œuvre non pas de la police ou de la gendarmerie mais de militaires et de miliciens, souvent habillés en civil. La traque des militants, notamment à Sokodé, fief du PNP, se poursuit depuis lors avec de nombreuses arrestations de militants du parti d’opposition.

Ces manifestations expriment l’exaspération des citoyens togolais qui pour 88% d’entre eux n’ont connu qu’une seule famille au pouvoir[1]. Ces citoyens mesurent l’injustice de leur situation alors que le Togo est désormais le dernier pays de la sous-région à n’avoir jamais connu d’alternance. L’arrestation au Gabon du représentant du PNP, relâché samedi soir, suite à un rassemblement de ressortissants Togolais devant leur ambassade à Libreville, démontre à nouveau que les dictatures africaines se soutiennent pour bâillonner les aspirations du plus grand nombre.

Face aux graves violations des droits humains par le pouvoir togolais, la campagne « Tournons la Page » exige du gouvernement du Togo :

  • la libération immédiate et sans condition des personnes interpellées depuis le 19 août 2017 ;
  • la sanction, conformément à la loi, des auteurs de la violence injustifiée et disproportionnée contre les manifestants ;
  • l’autorisation des manifestations des partis politiques d’opposition et de la société civile, dans le respect de la constitution et des textes internationaux ;

Et de la communauté internationale, en premier lieu l’Union Européenne, la France et l’Allemagne :

  • une dénonciation univoque de l’usage disproportionné de la force par les forces de l’ordre togolaises ;
  • une relance du processus pour l’application de l’Accord de Politique Global de 2006 et notamment des nombreuses dispositions concernant les droits humains (neutralité politique de l’armée, lutte contre l’impunité des forces de l’ordre…) et la gouvernance politique (élections locales, réforme du fichier électoral, vote de la diaspora…).

 

 

Contacts presse :  

Brigitte AMEGANVI

Membre de Tournons la Page et de Synergie-Togo

 bba.ameganvi@gmail.com

 Tél : +33 6 14 88 31 21

 

Laurent DUARTE

Coordinateur et porte-parole de la campagne Tournons la page

 afrique.democratie@secours-catholique.org

Tél : +331 49 45 70 97 / +336 38 83 13 31

[1]Source : Rapport  de la campagne Tournons la page « En Afrique comme ailleurs, pas de démocratie sans alternance » http://tournonslapage.com/wp-content/uploads/2015/03/RAPPORT-VERSION-FINALE.pdf.

 

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