TOGO : non à l’impunité des crimes commis !

 

 

TOGO : non à l’impunité des crimes commis !

 

Alors que la mobilisation de la société civile ne faiblit pas ni au Togo ni au sein de la diaspora à l’étranger pour réclamer le retour de la Constitution de 1992, le Président Faure Gnassingbé pour se maintenir au pouvoir renouvelle des violations massives de droits humains qui ont marqué son arrivée à la tête de l’Etat en 2005.

Selon les informations recueillies par Synergie-Togo, les destructions et les incendies de biens publics et privés qui ont suivi l’arrestation arbitraire d’un responsable du culte musulman de la ville de Sokodé ont été planifiés par les forces de l’ordre et exécutés dans le but de justifier la répression et discréditer l’opposition.

A Lomé, alors que la coalition de l’opposition avait maintenu son appel à manifester malgré la décision du Ministre de la sécurité d’interdire les marches en semaine, des milices, cagoulées, équipées d’armes à feu, d’armes blanches ou de gourdins se sont déployées dans les rues au petit matin du 18 octobre. Qualifiées de groupes d’autodéfense par le Ministre de la sécurité, ces milices sont composées en réalité de militaires habillés en civil. Elles ont, de concert avec les forces de l’ordre, semé la terreur dans les villes de Lomé, Sokodé, Bafilo et Mango. Le bilan de la semaine du 16 octobre s’élève officiellement à 4 morts dont 3 par balles, plus de 87 blessés, dont certains grièvement, et près de 200 arrestations arbitraires et disparitions.

 

Tournons la Page rappelle que :

  • une coopération militaire avec la France est en place depuis des décennies, au titre de laquelle des instructeurs forment et encadrent les forces armées togolaises (FAT) au plus haut niveau de la hiérarchie militaire togolaise. La France ne peut ignorer les manipulations aux effets dévastateurs des militaires et milices ;
  • les incendies criminels et planifiés de la semaine du 16 octobre constituent, après ceux des marchés de Lomé et de Kara en 2013, un nouveau coup dur pour les populations et l’économie togolaise ;
  • le rapport du 29 Août 2005 de la Mission d’établissement des faits des Nations Unies sur les allégations de violations des droits humains survenus au Togo avant, pendant et après l’élection présidentielle de 2005 est resté sans suite à ce jour : l’impunité ainsi garantie aux planificateurs et aux auteurs de ces crimes constitue une incitation à la récidive.

 

Face aux violations répétées des droits humains au Togo, Tournons la Page :

  • Exige des autorités togolaises la libération immédiate de toutes les personnes arbitrairement arrêtées. L’urgence le commande, vu l’état de délabrement et d’insalubrité des prisons togolaises.
  • Réclame aux autorités togolaises l’autorisation de manifester pour la société civile, dans le respect de la Constitution et des textes internationaux.
  • Demande que les pays membres du Conseil de Sécurité, notamment la France, saisissent rapidement la Cour Pénale Internationale pour qu’elle enquête sur les faits survenus au cours de la semaine du 16 octobre et donne une suite au rapport de l’ONU sur les violences qui ont marqué l’arrivée au pouvoir de Monsieur Faure Gnassingbé en 2005.

Fait à Paris, le 26 octobre 2017

Contacts presse :

 

Brigitte AMEGANVI

Membre de Tournons La Page et de Synergie-Togo

bba.ameganvi@gmail.com

Tél : +33 6 14 88 31 21

Laurent DUARTE

Coordinateur et Porte-parole de la campagne Tournons La Page

afrique.democratie@secours-catholique.org

Tél : +33 1 49 45 70 97 / +33 6 38 83 13 31

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